LUCIE CROISSANT AU TRIATHLON DE NORSMAN

Publié par le septembre 9th, 2012 | 0 Commentaire »

Après un petit périple de 2500 km ( Aix en Provence, Eidfjord) en voiture, nous arrivons enfin en Norvège. Un petit détour de dernière minute à Lille s’est imposé, un détour qui vaut le coup : nous passons pas le BTWIN Village pour aller chercher le nouveau vélo sur mesure que m’a fait Dom et son Equipe. C’est la première fois que je le vois en vrai, ce vélo sur lequel je vais passer un petit bout de temps pendant mon triathlon. Andrew fait les derniers réglages pour qu’il soit parfait pour moi. Heureusement car je n’aurais pas beaucoup de temps pour le tester avant la course !

Nous arrivons à Eidfjord mardi, la course est le samedi. Au final, 3 jours à attendre cette course, c’ est presque trop long, même si nécessaire pour récupérer du trajet.

Je fais une brève sortie vélo où j’ai l’impression de voler sur ce nouveau vélo à ma taille (enfin, ! car je n’avais jusqu’alors eu que des vélos trop grands pour moi, et bien moins performant).

Les 3 jours se ponctuent également de quelques interviews et de tournage, c’est assez rigolo, et cela me fait passer le temps. Nous sommes quelques Français engagés sur la course. Nous sommes 4 à nous retrouver de temps en temps : Jean François  qui fait son premier ironman (au top le jef! ), Franck de Toulouse, et Anthony de Pau.

Les deux nuits avant course sont très difficiles : je dois sauter du bateau une bonne centaine de fois dans ma têteJe redoute également beaucoup la partie vélo qui n’est pas mon point fort, surtout avec ce dénivelé de folie : entre 3500 et 4000m de D+ !

Tout d’abord, je tiens à préciser que mon objectif était de finir la course. Pour ceux qui trouverait que c’est un petit objectif, il s’agit tout de même de l’ironman dit le plus dur du monde, que les conditions climatiques peuvent être imprévisibles et très dures. De plus, du haut de mes 24 ans je n’ai qu’un Ironman à mon actif, et aucun ironman ne peut préparer vraiment à une course comme le Norseman tellement elle est particulière. Donc finir la course, sans avoir aucune idée du temps que je peux faire, étant donné que cela dépend des conditions et que je n’ai pas assez d’expérience pour savoir comment je peux réagir. Dans un coin de ma tête, je me dis que j’aimerais pouvoir avoir le tee shirt noir, ce qui signifie que l’on a fini dans les 160 premiers en passant les barrières horaires, mais là encore, je  ne me focalise pas dessus car tous les triathlètes venus ici ont probablement ce même souhait, et ce sont tous des warriors, et ça ne dépend donc pas que de moi !

Jour de la course :

Je prendrai essentiellement de la boisson PROLONG d’HERBALIFE . En effet, mon ventre refuse tout solide ou gels, mais la boisson que m’a conseillée Patrice du vercors sports team m’apporte tout ce dont j’ai besoin.

2h00 : réveil de mon team support qui se prépare également pour une très longue journée. Leur mission : me supporter, et ce dans tous les sens du terme ! Il y aura donc Jef mon copain et mes parents, Alain et Frédérique.

Il faut charger la voiture car ce soir nous dormons à 200km de là, près de l’arrivée.

2H45 : en route pour le départ à Eidfjord

3h00 : entrée dans le parc à vélo, check du matériel et dernier échange avec mon team. Un seul membre de mon équipe est autorisé à entrer dans le parc à vélo pour m’aider lors des transitions.

4h : montée dans le ferry. Là, dans la cale du bateau peu accueillante, on se dit qu’on ne peut plus faire demi tour, on y est !

4h30 : les nageurs déjà tous en combi commence à se préparer. L’eau annoncée particulièrement froide cette année, cad 13 °, fait peur à bon nombre de nageurs. J’ai prévu en plus de la combi obligatoire une cagoule néoprène pour ne pas trop refroidir par la tête. Je suis en fait l’une des moins couvertes car quasiment tout le monde porte des chaussons néoprènes, une couche supplémentaire en dessous de la combinaison, et met de la crème type graisse de vache pour se protéger du froid….Je commence à me demander si je ne vais pas mourir de froid dans ce fjord…

4h50 : les premiers sautent du pont du ferry  pour les 10 min d’échauffement. Pour ma part, j’attends 4 min avant le départ, car je n’ai pas très envie de mourir de froid en attendant dans l’eau avant le départ, et j’aurais bien le temps de m’échauffer pendant ces 3,8km. Le saut du bateau est magique, l’entrée dans l’eau est froide, très froide !

5h00 : la corne du bateau donne le départ, nager permet de se réchauffer un peu. Pour notre sécurité, les bateaux et kayaks nous montrent le chemin avec des lumières et nous forcent à longer la côte. Sous nous, 400m de profondeur. Autant dire que je ne suis pas à l’aise à imaginer tous ces poissons qui nous regardent. C’est pour cela que je choisis de me coller à un petit groupe de nageurs, pour ne pas nager seule. Je resterai avec eux tout le temps de la natation, même s’ils ne nagent pas droit, et qu’ils ne nagent pas très vite… en tout cas ce sont les sensations que j’ai à ce moment. Mais je ne sais pas vraiment si je peux me fier à mes sensations aussi gelées ! Le but est ne pas penser au froid. En restant avec mon petit groupe de 3 nageurs , je me dis qu’au moins je me réserve pour tout ce qui m’attend après la natation.

Quand on arrive près de Eidfjord, l’eau est encore plus gelée, certains diront qu’elle ne dépassait pas les 12 degrés.

Je sors de l’eau, je ne sens plus du tout ma tête, mes pieds, mes mains, tout est gelé ! heureusement que Jef m’aide à m’enlever la combi, à me changer et à préparer mes affaires. Je me change intégralement pour ne pas avoir trop froid en vélo. Jef est excité, il me dit que je suis 5e. Je pensais que c’était 5e féminine, et je suis donc assez contente de moi, car je ne savais pas du tout si les autres nageurs étaient devant ou derrière. Je sors en général souvent bien de l’eau. Mais je ne m’emballe pas sur ce classement, car je garde mon objectif en tête qui est de finir la course… et je sais que ce qui m’attend ensuite est bien plus difficile pour moi.

J’apprendrai cependant plus tard que je suis sortie 5e scratch de l’eau, c’est-à-dire 1ere féminine, ce à quoi je ne m’attendais quand même pas du tout. (merci VA Triathlon et Christophe pour la natation !) Je comprends alors la motivation de tout le monde autour de moi, et même de mon équipe. Sur le parcours plus tard, je leur rappelle quand même que je suis là pour le finir, et que je ne vais pas gagner la course !

La partie vélo commence par une montée de 40km, 1400D+. Je me fais logiquement dépassée par un bon nombre de coureurs, j’ai l’habitude et je me concentre sur ma course ! En haut à Dynarut, mon team m’attend pour me donner une veste pour la descente, il fait environ 6° tout là haut ! je m’arrête, ils me couvrent, me changent mes bidons,… je n’ai donc rien à faire, ils sont au top !

La descente n’est pas si facile car sur le plateau, le vent nous vient d’en face, et on enchaîne montées et descentes. Au bout de 90 km, j’arrive à Geilo, en bas de la descente.  Je m’arrête à nouveau pour changer mes bidons, et donner ma veste.

Je devrai m’arrêter à nouveau 500 m plus tard pour cause de crevaison roue arrière. Ça fait beaucoup de pause tout ça, mais ça fait parti du jeu ! je répare donc mon pneu : en m’arrêtant sur le bord de la route, je me suis pris un clou qui était resté dans mon pneu ! je ne suis pas très rapide, car étant donné que c’est la première fois que je crève avec ce vélo que j’ai depuis 6 jours, je n’ai pas encore l’habitude des pneus… mais bon c’est reparti, j’attaque la 2e montée, sur les 5 au total…

J’ai cependant l’impression que tout n’est pas bien réparé, et que mon pneu arrière a une gêne. Je décide de quand même monter et de ne m’arrêter seulement en haut, car je ne veux pas m’arrêter tout le temps. Arrivée en haut, je vois qu’en fait je n’avais pas bien remis une partie du pneu dans la roue, et qu’une partie de la chambre à air dépasse….. au top ! donc on répare à nouveau, et c’est enfin reparti !

 

Il me reste donc 3 montées, dont une dernière très attendue car très pentue et longue. Mais au final, le vélo se passera vraiment bien pour moi, avec de supers sensations sur mon nouveau vélo BTWIN sur mesure. J’arrive même à doubler bon nombre de triathlètes dans les montées, chose qui ne m’était jamais arrivé dans une course !

Le parcours est grandiose tout le long du parcours, avec des paysages variés, mais fous ! j’en profite un maximum, et je me dis que j’ai vraiment de la chance de pouvoir être à cet endroit à ce moment. Je pense également à tous les entraînement s que j’ai pu partager avec les triathlètes et mes anciens collègues le midi, qui m’ont fait bien souffrir, mais qui me permet de profiter un maximum de cette couse !

 Sur la transition vélo/ course à pied, mon équipe m’attend, je me rechange intégralement, et c’est parti pour 25 km de course plate sur route. Je les ferai en 2h30, donc pas bien vite, mais toujours régulièrement, sur les bases de ce que j’avais pu faire sur l’Ironman de Nice. Même si c’est beaucoup plus difficile car le vélo avait plus de dénivelé. Et aussi plus difficile car à Nice j’avais pu courir avec ma sœur jumelle tout du long, et que là je suis toute seule. Enfin à courir, car mon équipe m’attend tous les 3km pour me donner de la boisson. Je ne prendrai que de la boisson  sur toute la course à pied, car mon ventre refuse du solide ou des gels.

Après 20 km de course, on voit la montagne se dresser devant nous, avec les 1880m de dénivelé positif qu’il nous reste à grimper ! Jusqu’à présent, je n’ai pas osé demander à mon team si j’étais dans les temps et dans les 160 premiers pour espérer pouvoir grimper tout en haut. Je n’ai aucune idée car je n’ai pas de montre, et que je me suis faite beaucoup doublée en vélo, mais je ne sais pas du tout par combien de personnes.

C’est Jef qui me dira que je suis dans les 130 premiers , et que je suis OK en temps… (c’est ma jumelle qui de France me suit par internet et transmet mon classement ). Une féminine court à peu près à mon rythme. C’est son 3e Norseman. Son support m’encourage en me disant que le sommet n’a jamais été aussi près. Oui c’est sûr, mais la route est encore longue, et cela devient un calvaire de se forcer à courir quand les jambes sont si lourdes. Et tant que je ne serai pas arrivée là haut, beaucoup de choses peuvent se passer ! et la partie la plus difficile m’attend encore !

Après les 25 km de course à pied sur le plat, c’est parti pour une montée de 10% pendant 17km  (si je passe les barrières horaires !). Tout le monde marche dans la montée, c’est même plus rapide que de courir tellement c’est pentu. En marchant à un bon rythme (6km/h environ), je double quelques triathlètes pendant la montée. Arrivée au 32e km, un médecin vérifie que je vais bien et m’autorise à continuer la course, jusqu’à la dernière barrière horaire, au 37,5e km. Nous sommes toujours sur de la route et je garde le même rythme, car si près du but, je veux à tout prix monter jusqu’au sommet !

J’arrive largement avant la barrière au 37,5e km ! Mes parents m’attendent prêt  à m’accompagner pour la dernière ascension. Mon support et moi devont obligatoirement emmener un sac avec lampe frontale, gants, bonnet,…tout est déjà prêt et je commence donc la dernière montée sur chemin de trail avec mes 3 supports. Il reste 600m D+ sur 4,7km. Je m’emballe peut être un peu au début car je me sens voler à l’idée de pouvoir arriver jusqu’au sommet. Si bien que je ne bois plus assez, car mon ventre ne veut plus rien, mais la montée est un véritable mur, un empilement de rocher plus qu’un sentier. A 30 min de l’arrivée, je trouve qu’elle devient vraiment longue et je ralentis pour boire et m’alimenter car l’altitude et le manque de forces deviennent très difficiles à gérer. La vue est incroyable, tout en haut du Gaustatoppen, c’est 1/6 de la Norvège que l’on peut voir. Les derniers mètres seront très pénibles pour moi, mais à l’approche de l’arrivée,  tout devient plus facile.

J’arrive en ayant vraiment tout donné, je suis vidée, mais soulagée et heureuse d’y être parvenue.  Encore davantage d’avoir pu finir au sommet, avec cette vue aussi magique !

On me donne une couverture, je retrouve Franck et Pierre son support, au sommet. J’en ai fini pour cette course, qui s’annonçait magnifique et difficile, et qui le fut. Mon équipe support est probablement aussi fatiguée que moi avec tout ce qu’ils ont dû faire dans la journée. J’ai beaucoup de chance car ils ont été au top et que je n’aurais pas pû faire cette course comme cela sans eux.

Au final j’aurais fini la course en 15h10, en 124e position, 14e féminine.

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